Nous vous proposons ici quelques éléments de définition du concept de « genre ».

– Extrait de http://labogenere.fr/quest-ce-que-le-genre/

Le genre est un concept qui fait l’objet de théorisations variées dans un champ de recherches pluriel, qu’on désigne le plus souvent comme les « études de genre » (traduction de l’anglais gender studies).

On peut définir les études de genre, de façon très large, comme « l’ensemble des recherches qui prennent pour objet les femmes et les hommes, le féminin et le masculin ». Les auteur·e·s de l’Introduction aux études de genre (de Boeck) mettent en évidence quatre dimensions fondamentales du concept, que l’on peut reprendre ici pour clarifier le propos. On trouvera ensuite d’autres définitions du concept.

Dimensions fondamentales du concept

1: Le genre est une construction sociale.
 Par opposition aux conceptions qui attribuent des caractéristiques immuables aux hommes et aux femmes en fonction de leurs caractéristiques biologiques (les hommes sont forts, dominants, forts en maths, peu habiles en communication; les femmes ne savent pas se repérer dans l’espace, elles se laissent guider par leurs émotions, aiment être protégées…), les études de genre affirment qu’ils n’existe pas d’essence de la « féminité » ni de la « masculinité », « mais un apprentissage tout au long de la vie des comportements socialement attendus d’une femme ou d’un homme ».

2: Le genre est un processus relationnel.
 Les caractéristiques évoquées ci-dessus ne sont pas construites ni apprises de manière indépendante mais dans une relation d’opposition entre masculin et féminin. Les études de genre partent donc du principe qu’on ne peut pas étudier ce qui relève du féminin sans le masculin, et vice-versa – ce qui ne signifie pas, bien sûr, qu’on ne peut pas se focaliser sur l’un ou l’autre groupe.

3: Le genre est un rapport de pouvoir.
 La vision dominante met l’accent sur la différence des sexes. On a déjà dit qu’il fallait envisager le genre comme un processus relationnel : le masculin et le féminin sont en relation, mais il ne s’agit pas d’une relation symétrique, équilibrée. Il faut donc « appréhender les relations sociales entre les sexes comme un rapport de pouvoir ». Le genre distingue le masculin et le féminin, et, dans le même mouvement, les hiérarchise à l’avantage du masculin. 
De plus, en posant une frontière entre les deux catégories de sexe, le genre est en soi oppressif, puisqu’il n’admet pas de déviation par rapport aux normes qu’il établit.

4: Le genre est imbriqué dans d’autres rapports de pouvoir. 
Le genre est un rapport de pouvoir qui ne peut être envisagé de manière complètement autonome. Il se trouve en effet à l’intersection de plusieurs rapports de pouvoir, régis par les catégories de classe, de « race », de sexualité, d’âge…

Les auteur·e·s du manuel en arrivent donc à cette définition:

[Le genre est] un système de bicatégorisation hiérarchisée entre les sexes (hommes/femmes) et entre les valeurs et représentations qui leur sont associées (masculin/féminin).

– Extrait de http://cafaitgenre.org/genre/

Les études de genre constituent, depuis une quarantaine d’années, un champ de recherche universitaire qui prend pour objet les rapports sociaux entre les sexes. Autour de cet objet commun, ce champ rassemble des disciplines très diverses. Ce sont les apports de ces recherches que l’on tente de résumer ici, de manière très schématique et afin de fournir une base de réflexion.

Le genre se définit de manière relationnelle. Selon la sociologue Laure Bereni, contrairement au sexe biologique (femelle ou mâle), « le féminin et le masculin sont le produit d’un rapport social », ce qui signifie qu’on ne peut étudier l’un « sans le rapporter à l’autre ». Elle propose cette définition : « le genre désigne le système qui produit une bipartition hiérarchisée entre hommes et femmes », autrement dit, des groupes et des catégories qu’on peut appeler « les genres ».

Cette définition repose sur une posture dite constructiviste, qu’on peut résumer par la célèbre formule de Simone de Beauvoir : « On ne naît pas femme [ou homme], on le devient ». Les différences perçues entre les genres et la hiérarchie qui caractérise les rapports sociaux entre hommes et femmes ne sont pas réductibles à un déterminisme biologique, remis en cause par les sciences humaines comme, de plus en plus, par les sciences dites « dures ». Elles sont le résultat d’une construction sociale qui, à partir du donné biologique, attache au féminin et au masculin un certain nombre de valeurs, de comportements, ainsi que des rôles spécifiques.

Or le système du genre produit des relations asymétriques et des rapports de pouvoir entre hommes et femmes. Bien que multiples, divers et localement reconfigurables, ces rapports se caractérisent par ce que Bourdieu appelle « la domination masculine », et que l’on peut aussi nommer le « patriarcat ». Cet ordre social est également, comme le rappelle Laure Bereni, « un ordre normatif qui sanctionne les déviances de genre (telles qu’elles sont réalisées par exemple par des « hommes efféminés », des « femmes masculines », des lesbiennes « butch », des personnes trans’, des intersexes etc.).